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Cénotaphe
Je chemine vers l’aube, ton cénotaphe.
Où es-tu resté ?
Là-bas, passant parmi les passants,
Tu habites près de mes habitudes
Sans les connaître
Là-bas, loin du monde clos de mes naissances et de mes morts
Là où veillera pour toujours
Une permanence discrète comme une ombre
Sentinelle qui accueille sans ciller
Mes incessants retours
Tu es resté là où je ne suis plus,
Et mon départ m’a enlevé à ton souvenir.
Discret, poli,
Il a plié image et a quitté ta mémoire
Sans laisser de trace.
J’ai emporté nos ruines,
Et tes yeux pèsent lourd
Dans mes bagages.
